Les petits espaces – Partie 29.

P-Alex.

Journée de décision. De changement du reste de ma vie. Premier jour d’une nouvelle ère. Réflexions infinies. Non-finales au moment d’écrire ces mots.

En relisant cette lettre dans quelques mois, quand j’aurai 27 ans, souhaitons que la décision eut été la bonne.

Vêtements finement choisis. Bleu sur bleu. Favorite couleur. Chance potentielle.

Douche. Cheveux. Dents. Parfum. La totale.

Évidemment.

Même les lunettes sont en place. Nouvelles. Bleues.

Occasion.

Congé de l’entreprise aujourd’hui. Trop de préparation. Trop de concentration requise dans un autre domaine. Trop.

Petits espaces de cœur versus petits espaces de tête.

Bousculade. Chamaille. Chamade. Cœur. Tête.

Journée appréhendée depuis longtemps comme étant une possibilité de flottaison. D’état d’apesanteur atteint suite à des mois de réflexion.

On dirait que je vais couler. Que l’avion (que j’aime tant) va s’écraser.

Je ne me sens pas en apesanteur. Et c’est une situation que je n’aime pas.

Non.

Ambulance dans la rue. Rapidement. Devant la maison. Fait rarissime pour une avenue aussi peu passante.

Vibration dans la poche.

Pas le temps. Pas d’influence extérieure en ce jour crucial.

«Allez, mon P-A. Tu as réglé le cas de ton ancien gentil patron idiot, de l’ancien amoureux idiot de ta Colombienne, du médecin idiot de l’hôpital, plus rien ne peut t’arrêter. Tu aimes encore Marianne, c’est évident, mais tu es complètement fou de cette Brittany. Fonce sans penser à rien. Tu te rendras au bon endroit, j’en suis convaincu. Je serai là, à ton retour, pour que tu me racontes tout. Allez, ne reste pas assis plus longtemps et vas-y.»

Qu’est-ce que je ferais sans Pacino? Je me le demande.

Vibration insistante dans la poche.

Pas le temps. Pas d’influence extérieure en ce jour important.

Ce sera les Backstreet Boys dans la voiture. Pour m’y rendre. Cinq voix valent mieux qu’une.

Vibration persistante dans la poche.

C’est l’heure de partir.

Petit appel au paternel avant. Question qu’il me rassure quelques instants.

Téléphone fermé.

Une première.

Recomposition.

Téléphone fermé. Étrangeté.

Quelle est la probabilité que je me trompe d’endroit? Que je regrette ma décision dans quelques mois? Que mon père ne réponde pas au téléphone la journée dans l’année où j’ai le plus besoin de lui parler? Que les petits espaces deviennent plus gros? Que ces mêmes espaces rétrécissent et disparaissent, pour toujours?

Je dois arrêter de calculer. Les chiffres parlent, mais je ne dois plus les écouter.

La balançoire de cour arrière n’est plus vide. Et le vent la berce, encore, ancrée dans sa plénitude.

Vibration anormale dans la poche.

Champignons.

Moment venu. Il est temps d’aller la voir.

Il y a des jours sans saveur et des jours délicieux. Aujourd’hui, c’est une délicieuse journée.

Publicités
Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire

Les petits espaces – Partie 28.

Salut P-A!

Journée pour dormir debout. Occupations quotidiennes. Le corps qui avance et qui exécute. Les neurones olympiens. Médaillés d’or, même. Le sommeil me fuit.

Et je fais pareil.

48 heures d’attente encore. Rendez-vous téléphonique avec Oli dans quelques instants. Oreille attentive. Sans but précis. Amitié véritable.

Sonnette avant en fin de matinée. Lettre de Britt. Une première. Deux premières en fait. Livraison express et deux lettres successives de sa part sans réponse de la mienne entre les deux.

Petit moment de panique.

Parfum et cheveux bien placés. Tout de même. Crush.

«Mon beau parapluie.

Gros changements ici. Je viens de recevoir une lettre de Marcos et il est parti, loin d’ici. Je ne comprends pas du tout sa décision. Les enfants sont en pleurs et c’est difficile à gérer, alors que je suis à l’horizontal. Mes sœurs et Mélanie sont là plus que jamais. Elles ont annulé la fête qui m’était destinée pour s’occuper de mes deux trésors.

Il fallait que je te l’écrive. C’est étrange tout ça. Je n’ai assurément rien de fait de mal, car je suis pris dans la cité des malchanceux depuis si longtemps. Crois-tu que mon retour à la vie normale l’a effrayé? J’aurais aimé lui parler au moins, mais son téléphone n’est même plus en fonction. J’ai de la peine.

En même temps, il y a une partie de moi qui se sent soulagée. Je sais que tu me comprends.

J’ai hâte de te voir enfin. Dans deux jours, à 19h00 précisément. Je serai prête et je t’attendrai.

Je ne me contiens plus.

Et toi, comment vas-tu? C’est rare que je n’aie pas de tes nouvelles trois journées consécutives. J’espère que tout est sous contrôle de ton côté.

À tout de suite.

Britt. Xxx.

P.S. Je sens mes jambes comme avant l’accident depuis hier matin. J’ai hâte qu’on danse, ensemble.»

Crush confirmé. Cette femme est spéciale.

Après-midi de règlement de compte de l’ancien patron gentil. Il faut foncer avant de se faire foncer dessus. C’est ce que mon père disait toujours. J’ai retenu la leçon. Coup de téléphone. Ami journaliste. Photos à l’appui. Vérité au grand jour. Sans retenue. Pas pour nuire à «Souhaits etc.». Seulement pour me protéger. Seulement pour établir les règles du jeu, avant qu’il ne le fasse. Et pour «Cartes-Alexandre», aussi.

Quelques pompes. Par obligation.

Vibration dans la poche droite.

«J’ai hâte de te voir enfin. Dans deux jours, à 19h00 précisément. Je serai prête et je t’attendrai.

Je ne me contiens plus.

M. Xxx.»

Cirano, au secours?

Téléphone. Oli.

À bientôt.

P-A.

Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire

Les petits espaces – Partie 27.

Salut P-Alex.

Les pages du calendrier se tournent rapidement. Cinq jours seulement. Envolée de secondes.

Moment chez le coiffeur ce matin, question de relaxer. Question de faire le point sur l’année de changements en cours. Entraînement pas toujours assidu. Mais bonne volonté. Entreprise démarrée. Premières ventes effectuées. Promotion en vigueur. Satisfaction. Vêtements moins insipides qu’avant. Merci à Britt. Relation amour-haine avec Pacino. Relation amicale avec Cirano. Processus d’écoute de soi en pleine évolution. Améliorations. En continue.

Pas trop de nouvelles de Marianne. Et de son satin capillaire. Et de ses belles grandes jambes. Et de son rire contagieux. Et de son charme fou. Et de sa façon de me regarder. Et de tout ce qui la concerne. Malheureusement.

Après-midi de gang de rue ensuite. Avec Pacino. Au travail de Gonzlaes-l’idiot directement. Signature de la carte de «Souhaits etc». Obligation. Et message bien compris j’ai l’impression. Convaincant. Convaincu. Trop de preuves. Départ pour l’Europe d’ici 48 heures. Sinon, c’est la prison qui l’attend. On ne rigole pas avec une dépositrice. Jamais.

Il le fera. J’en suis persuadé.

Gelée dans la chevelure. Brossage de dents. Soie dentaire. Gomme.

Descente des escaliers. Ouverture de la porte. Boîte à lettres.

Oui.

Britt.

Fermeture de porte rapide. Montée des escaliers trois par trois. Presque quatre.

«PA-rapluie.

Wow, quelle jolie lettre que cette dernière. Tu es tellement gentil avec moi. Je me demande parfois si je mérite tous ces mots et toutes ces attentions.

Merci beaucoup pour la deuxième compilation. J’ai l’impression que j’apprends à te connaître de plus en plus à chaque chanson. Ça joue en boucle ici et les journées sont moins longues ainsi.

Merci, surtout, pour la gigantesque surprise d’hier soir. C’est de loin la plus jolie chose que l’on ait jamais fait pour moi. Le temps d’aller travailler sur le bas du corps et je n’avais plus de chambre d’hôpital. Transformation complète en une forêt enchantée. Grands arbres. Bruits d’oiseaux. Étang. Petits animaux. Vêtements appropriés. Tu as pensé à tout et je te trouve totalement merveilleux. La nature me manque, tu le savais. Forêt 213.

Mes jambes vont mieux. La rééducation se passe comme prévu. Elles retrouveront une grande partie de leur force d’ici quelques jours et je devrais être en mesure de courir dans un laps de temps raisonnable. Le docteur Duval est bon avec moi. Il a complètement changé d’attitude depuis quelque temps et il me donne toutes les informations désirées. J’ai la certitude maintenant qu’il veut que je sorte rapidement. Ça me fait du bien.

Le jour de ta venue sera le seul où je ne t‘aiderai pas à choisir tes vêtements. Suis ton instinct et mes conseils des dernières lettres. Tu seras parfait, je le sais. Je vais demander à Mélanie qu’elle aille magasiner pour moi. Je veux être à mon mieux pour retourner dans le vrai monde.

P.S. À ma sortie, voudras-tu me reconduire chez moi? Je ne suis pas certaine que je serai capable de conduire après cet accident. Ce serait gentil.»

Golf ce soir avec Oli. Première fois depuis longtemps.

Moment de détente avant de passer à l’acte avec l’ancien gentil patron.

Un jour à la fois.

À bientôt.

P-A.

Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire

Les petits espaces – Partie 26.

Salut P-A.

Je dis souvent que les chiffres parlent. C’est de plus en plus vrai. Dix jours seulement. Attente. Nervosité. Potentiel de journée délicieuse.

Clé USB de Marc, un vieil ami maintenant policier, dans l’ordinateur depuis sa réception. Photo de Marcos. Actes commis. Dans son pays et ici. Pas un homme de cœur. Date des méfaits. Recherché partout dans son pays. Articles de journaux le relatant. Fraude gouvernementale. Drogue. Tout y est.

Pauvre Brittany.

Un CV à faire paraître Al pour un bon garçon.

Dernière carte de «Souhaits etc.». À remplir à l’ordinateur. À signer à la main. Par Marcos. Très bientôt. Odeur de champignons qui se fait de plus en plus insistante.

«Bonjour Brittany.

Je suis désolé, je te quitte. Je te laisse de amplement d’argent pour les enfants. Je les aime. Dis-leur pour moi stp. Je pars pour l’Europe et je ne reviendrai pas. Tu n’as rien fait de particulier. J’ai besoin de partir. Merci pour ces belles années.»

Signé à la main sous peu.

Chemise. Et cravate. Crush.

«Ma dépositrice.

J’ai une énorme pensée pour toi en ce moment. Je te sens loin. Si loin.

J’aimerais te tenir la main. Mes doigts entre tes doigts. Pour te rassurer. Pour me sentir bien. Pour que mon cœur batte plus rapidement.

J’aimerais aussi fixer le fond de tes pupilles, question d’y voir ton âme de près. L’effleurer.

Et passer ma main dans tes cheveux. Tranquillement. De haut en bas. Et de bas en haut. Les enrouler autour de mes doigts.

Je t’ai dit que je pensais à toi en ce moment?

Je te joins la deuxième compilation. Chansons amoureuses. Dans un ordre précis, encore. Je te les chanterai dans le creux de l’oreille. Bientôt.

Tu es jolie, Britt. Trop jolie.

Je t’embrasse.

P-A. xxx.

P.S. Je ne sais pas quoi mettre pour ton jour de sortie. Tu seras habillée de quelle façon, toi?»

Je regarde la situation de mon père se développer et je me demande pourquoi tout le monde a un allié, une épaule, une fondation solide sur laquelle s’appuyer en cas de crise. Sauf moi. Oli a maintenant Julie. Mes parents. Même Britt.

Ma fondation est partie. Pour voyager. Il me reste des affiches. Une entreprise. Quelques chansons. Rien qui ne console. Rien qui ne comprend. Rien.

Ne le prends pas mal, Al. Tu comprends ce que je veux dire.

Vibration de fond de poche.

«Viens chez moi dans dix jours, P-A. Je t’attendrai. Ne me fais pas faux bond cette fois. Tu me manques beaucoup et j’ai hâte de te revoir, enfin. Xxx.»

La fondation chambranle, mais tient toujours j’imagine.

Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir, n’est-ce pas Cirano?

À bientôt.

P-A.

Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire

Les petits espaces – Partie 25.

Salut P-A.

C’est une journée stressante dans une semaine satisfaisante. Britt qui sera libre dans quelques jours. «Cartes-Alexandre» qui ouvrira ses portes dans quelques jours. Marianne qui fait aller mes neurones plus vite qu’habituellement.

Longues hésitations. Message recommencé. Plusieurs fois. Finalité :

«Marianne.

Tu as raison, je n’ai pas été tout à fait transparent avec toi. J’ai beaucoup de difficulté à arrêter de penser à toi. J’essaie, pourtant. Je repousse ce moment où mes yeux recroiseront les tiens. J’ai peur pour mon cœur. Mon petit cœur fragilisé par ton départ. Donne-moi une dernière chance et invite-moi chez toi vendredi prochain. Dans 11 jours, je trouverai la force nécessaire. Fais attention à toi, d’accord? Tu me manques.

P-A.»

Décompte final amorcé.

Changement de chandail. Gel dans les cheveux. Courrier. Oui.

Crush.

«Mon parapluie.

Tu m’écris tant de belles choses. Je relis tes lettres un nombre incalculable de fois. C’est très joli ce que tu m’écris, merci beaucoup.

Tu es un ange; un ange charmeur.

Mélanie commence à être épuisée. Je le sens. Elle ne me le dira pas, car elle m’apprécie beaucoup et ne veut pas que je m’en fasse pour elle, mais s’occuper de deux enfants qui ne sont pas les siens pendant tant de semaines relève de l’exploit.

Elle est fantastique.

Je me sens mieux. Il ne reste qu’onze jours avant que je puisse sortir de ce lieu infecté de microbes. Je sens la fin approchée et je suis très heureuse. Tu y seras, promis?

Natalia rayonne depuis son méritas. Elle est venue me le montrer tantôt. Pour la première fois depuis longtemps, elle se sent bonne dans quelque chose et ça n’a pas de prix de la voir ainsi.

Merci tellement, P-A.

J’attends toujours ta photo. Ne m’oublie pas.

Je m’en rappellerai pour l’évasion. C’est excitant, tout ça.

Ta dépositrice. Xxx.

P.S. Je prendrais bien une compilation musicale volume deux, question de passer les derniers jours ici à danser. Je dis ça au hasard, comme ça.»

Probabilité d’avoir une journée occupée dans 11 jours : 100%.

Probabilité de décevoir quelqu’un dans 11 jours : 100%.

Probabilité de demander de l’aide à Cirano et Pacino : 100%.

Probabilité d’écouter les conseils de Pacino : 0%.

Vibration. Téléphone.

«Salut Pierre-Alexandre.

J’ai trouvé tout ce que tu m’as demandé sur ton Gonzales.

Ce sera dans ta boîte à lettres demain matin, sur une clé USB.

Tu m’en dois une.

Marc.»

Il y a encore des gens serviables dans ce bas-monde. Heureusement.

Préparation de ma dernière carte de «Souhaits etc.». Je l’avais gardé. Au cas.

Pour demain soir. Prête à être rédigée.

Je me demande ce que fait Brittany.

«À chaque fois que je me demandais ce que faisais Roxane, je lui écrivais des vers. Il y a tellement de prose que Roxane n’a jamais eu la chance de lire. Écris à ta Brittany, P-A. Je t’ai rarement vu aussi heureux. L’écriture rapproche les gens.»

C’est l’heure de partir. Présentation de Julie. Pour la première fois. Chez Oli. Sans M. Sans Britt. À trois.

À bientôt.

P-A.

Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire

Les petits espaces – Partie 24.

Salut P-A.

Voilà, c’est fait. «Cartes-Alexandre» a maintenant pignon sur rue. Près de chez moi. Près de la petite école. Quelques travaux. Panneau publicitaire. Divers achats et livraisons. Le temps de promouvoir; de créer l’image de marque autour de l’entreprise et ça y sera. Le temps aussi d’embaucher un carteur, pour m’aider.

Rêve réalisé. Excitation.

Douche requise. Par respect. Avant le rendez-vous presque quotidien.

Crush.

«Britt-dépositrice.

Comment vas-tu?

C’est mercredi aujourd’hui et j’ai tellement envie de te voir. Te regarder me regarder. Être contemplatif devant les traits de ton joli visage. Me trouver chanceux d’être là. Recommencer.

J’ai toujours pensé connaître la définition précise du mot «jolie» avant de t’apercevoir. Maintenant, j’en connais le véritable sens.

C’est le gala des méritas ce soir (le temps que tu reçoives cette lettre, tout sera terminé déjà). Je te montrerai les photos lorsqu’on se verra. Tu peux être fier d’elle. Elle travaille fort et à bien y penser, ce n’est pas surprenant qu’elle soit ta fille. Elle te ressemble beaucoup : air d’Amérique du Sud, même sourire contagieux, vivacité d’esprit et force de caractère. C’est souvent son frère qui vient la chercher après nos séances. Il n’y a peut-être pas de hasard dans cette situation.

Je saluerai ton homme si je le vois.

Mes vêtements sont prêts. Je dois faire vite pour ne pas être en retard. Il ne me reste que 17 minutes avant de partir.

Maximum 13 jours, c’est positif. Quelques derniers dîners de mauvais goût et encore quelques microbes avant la liberté. Je serai là, le jour de ta sortie. Assurément. Je serai nerveux, mais je serai là. Essaie de ne pas tout t’arracher les sourcils d’ici-là.

Et si tu ne sors pas, je t’aiderai à t’évader. J’ai un ami expert en évasion (je t’expliquerai).

Je t’embrasse.

P-A. xx.

P.S. Pourquoi passerais-tu encore autant de temps sur les réseaux sociaux alors que tu es investie dans une histoire épistolaire? Je crois que tout est normal. Le papier devrait remplacer l’Internet d’ici quelque temps. Tout évolue.»

Crush complet pour Britt.

Quoi faire avec Marianne?

Cirano : «Réponds-lui que c’est terminé. Ton cœur semble appartenir à Brittany maintenant. Ne joue pas deux tableaux et reste fidèle à ta Colombienne.»

Al : «On s’en balance de Marianne, P-A. Elle est partie, tant pis pour elle. Elle ne te mérite pas. Ne lui réponds plus et tourne la page.»

Oli : « Va la voir P-A. Elle mérite bien des explications en face. Ne joue pas avec elle. Allez.»

C’est ce qu’ils diraient. Al exagère. Cirano est d’une époque révolue. Oli n’est plus là pour moi depuis qu’il a sa Julie. Complètement disparu.

Je prendrai ma décision seul. Un jour.

«Bon gala P-A. Demain, on devra se parler des rebondissements de ton existence. Le docteur Duval qui réagit apparemment positivement à nos menaces. Ton ancien patron idiot qui nous menace à son tour (quelle erreur il fait celui-là) et le roi des idiots-de-Gonzales-de-crétin qui pense s’en sauver ainsi (erreur au carré). De l’action au programme, mon P-A.»

Merci, Al.

À bientôt.

P-A.

Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire

Les petits espaces – Partie 23.

Salut P-A.

Quelques jours de repos. Loin. Terminé.

Chemin du retour soul. Dansant. Avec Britt, mais sans Britt.

313 minutes.

Retour à la normalité.

Petits espaces comblés. Petits espaces saisis. Grand espace à venir. Avenir.

Sept items dans la boîte à lettres.

Deux comptes. Deux promotions. Trois lettres.

La première.

«Je t’ai attendu pendant 60 minutes, hier, au parc. Tu ne t’es jamais présenté. Est-ce que tout est parfait de ton côté? Pourquoi me fais-tu subir cela? J’aimerais te revoir, mais j’ai l’impression que tu t’amuses avec moi. Dis-moi les vraies choses. M.»

La deuxième. Crush.

«Mon PA-rapluie.

Comment vas-tu?

Merci infiniment pour la petite ballerine. Elle est magnifique et elle me portera chance dans ces moments difficiles. Es-tu toujours attentionné de la sorte? C’est d’ailleurs un surnom splendide que tu m’as attribué. Je l’aime beaucoup et je veux le garder, longtemps.

Ce sont les jours les plus durs depuis que je suis ici. La patience est disparue complètement. Il faut que je sorte rapidement. Docteur Duval est passé ce matin et il s’est fait rassurant, pour une fois. Il m’a promis que je ne serais plus ici dans 13 jours, au plus tard. J’espère qu’il dit vrai, cette-fois, car une évasion se préparera, sinon. Oui, ça se peut. Ne ris pas.

La première chose que je ferai en sortant d’ici sera une activité avec mes enfants. Ensuite, j’irai te voir, pour prendre ta main en vrai.

En attendant, efficacité-surdité. On avance.

C’est très bizarre que tu accompagnes une Natalia à son gala de méritas. Je ne pense qu’à ça depuis hier. P-A, je crois que tu enseignes le français à ma fille depuis quelques semaines. Le monde est petit. C’est une phrase clichée, mais tellement appropriée parfois. Wow.

Je ne pourrai pas y être pour des raisons évidentes, mais j’opterais pour les vêtements plus classiques. Applaudis pour deux personnes. Prends des photos, aussi. C’est un moment spécial pour elle après toutes ces heures d’efforts. Je suis tellement fière d’elle. Merci beaucoup à toi pour ton aide. Elle me disait que le monsieur était gentil et patient, mais comme les séances se déroulent à l’école, je n’en savais pas plus.

Ça me fait tout drôle que tu y sois, sans moi. Son géniteur devrait y être.

«Les trois Shak» seront réunies à nouveau ce soir. J’ai bien hâte de les revoir.

À très vite,

Britt. Xx.

P.S. C’est normal tu crois que je passe moins de temps sur les réseaux sociaux depuis que je suis ici? J’ai perdu l’intérêt. On change, j’imagine.»

La troisième. Et dernière.

«Pierre-Alexandre. Tu as toujours été un bon employé. Je t’ai beaucoup apprécié, mais nous avions une entente il me semble. Pourquoi as-tu décidé de bousiller mon couple de la sorte? Ça n’en restera pas là. Je me vengerai.»

Ça sent les champignons.

J’ai des lunettes roses, donc pas de problème.

À bientôt.

P-A.

Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire