Les petits espaces – Partie 22.

Salut P-A.

Ça fait bizarre de t’écrire de si loin.

Je suis parti.

Pas sauvé. Parti.

Loin.

Besoin d’espace. Trop de changements en peu de temps. J’imagine.

Petit espace de calme. Petit espace pour éventuellement remplir les petits espaces dans ma vie. Entre les lignes du papier. Entre M et Britt. Entre aspirations et réalités. Entre changement et stabilité. Entre Al et Cirano.

Les petits espaces sont faciles à identifier. Plus difficiles à combler. Espaces dans ma tête, sur différents sujets. Espaces physiques, ou mentaux. Espace générique; spécifique. Espaces de cœur.

Je vais te réserver des petits espaces dans ma vie. Douillets. Réconfortants.

Tu prends trop de petits espaces. J’étouffe. J’ai besoin d’air.

Barre d’espacement.

Petits espaces dans une journée délicieuse. Petits espaces dans une nuit tourmentée.

Petit espace pour le paternel. Et pour Oli.

Pour le futur. Je ne veux pas refermer l’espace sur Marianne. Passé.

Je veux laisser de l’espace pour Brittany.

Au moins, quelques petits espaces.

Essoufflement. Départ pour l’espace.

 

Chalet de la tante. 313 minutes de la maison.

Quelques jours de repos, de réflexion, de mise au point, de préparation du plan.

Quelque temps pour remplir des papiers d’entreprise, aussi. Penser au logo. Au plan de promotion. À l’emplacement. Etc. «Cartes-Alexandre».

Vêtements. Entraînement. Emploi. Entrepreneuriat. Relations.

Besoin évident d’évasion.

Et Oli, de surcroît, qui délaisse nos plans de toujours. Il a une Julie dans sa vie maintenant. C’est une bonne nouvelle. Pour lui.

Plus de golf, ni de souper masculin. Pour le moment, du moins.

C’est une nouvelle ordinaire. Pour moi.

Il est temps. Règlement partiel d’une situation qui ne fait pas de sens.

«Bonjour Docteur Duval.

Je suis au courant de vos manigances avec M. Gonzales, à l’hôpital, concernant Brittany Venegas. Je ne comprends pas pourquoi vous lui faites ça. Est-ce réellement pour l’argent? Vous en avez suffisamment, non?

Dans tous les cas, je vous demanderais d’arrêter les faux diagnostics. Dites-lui les vraies choses. Elle souffre et elle travaille fort pour sortir de ce lieu moribond. Vous êtes payé pour guérir les gens.

Si vous ignorez cette lettre et continuez ce manège, alors soyez prêt à en assumer les conséquences.

P.»

Il est grand temps que Brittany retrouve les projecteurs. Qu’elle quitte l’ombre et qu’elle brille de tous ses feux. Plus de quotidien, ni de routine, de complots. Applaudissements de ballerine. Grâce et souplesse. Rappel. Encore. Crush.

Il est 21h05. Précisément. Il est donc passé 21h00.

Et je ne suis pas au parc. Non.

Téléphone fermé.

Je suis désolé, Marianne. Je ne m’en sentais pas capable.

À bientôt.

P-Alex.

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Les petits espaces – Partie 21.

Salut P-A.

Ça y est. C’est le temps. Démarches de création de «Cartes-Alexandre» entreprises. Je suis un entrepreneur. Maintenant. Oui.

Satisfaction. Je trouve ça quand même étrange à écrire.

Vibration impromptue.

Marianne?

Marianne.

«P-A. Je serai là avec plaisir, à l’endroit désiré.

J’ai hâte de te revoir.

M.»

Ouf. Heureusement.

Donc, je trouve ça étrange à écrire. C’est aussi spécial de ne pas aller travailler chez «Souhaits etc.» demain matin. J’espère que tout va pour le mieux dans la vie de mon ancien gentil patron. Dans la mesure du possible. Du moins. Pas de nouvelles.

Parfum. Vêtements de circonstance.

«Salut Britt (c’est d’ailleurs la dernière fois, possiblement, que je commence une lettre ainsi – tu seras dorénavant ma dépositrice, car tu déposes toutes les choses que tu effleures, avec classe et délicatesse; j’ai la réelle impression qu’avec toi, tout est fragile et manipulé avec soin et j’adore ça).

J’espère que tu vas bien aujourd’hui. Et les jambes? Sur la voie de la guérison? Connais-tu ta date de sortie de manière précise?

Dis-moi. Que vas-tu faire en premier quand tu vas sortir de la cité des malchanceux?

Tu as peur et c’est normal. Je crois cependant que ta vie a déjà changé, pour le mieux, depuis quelques semaines. Il ne faut donc pas avoir peur et foncer.

N’aie pas peur Britt, je ne partirai pas. Je t’écrirai. Encore.

Tu peux prendre ma main. La voici.

Ton amoureux a beaucoup de chance de t’avoir. Beaucoup. Il faudra le réaliser. Rapidement.

Je débute les démarches officiellement aujourd’hui pour «Cartes-Alexandre». Merci pour le nom. Joli. Je te ferai visiter mes bureaux à ta sortie.

Je suis fier de Natalia, l’élève que j’aide en français depuis quelque temps. Tellement fier. Elle est en nomination pour le méritas de la plus grande amélioration en français. C’est le gala cette semaine. Aide vestimentaire stp.

Jeans foncé, chandail bleu pâle et veste de cuir. Rock-tuteur.

Ou.

Pantalon noir, chemise blanche et cardigan. Classique-tuteur.

À ton avis?

Je joins à cette lettre un petit cadeau. J’espère que ça te plaira. Symbole-unisson qui traversera le temps.

Fais attention à toi stp, d’accord?

À tout de suite.

Ton parapluie. Xx.

P.S. Simple pressentiment pour la 213. Simple pressentiment. Les chiffres parlent.»

Je ne veux rien entendre Al.

Cirano, toi tu peux parler.

Journée éreintante. Appel au paternel et ensuite je pars au pays des rêves.

Force tranquille. Il s’en sortira. Un jour à la fois.

À bientôt.

P-A.

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Les petits espaces – Partie 20.

P-A!

Voilà, c’est fait. Journée émotive, mais importante dans mon processus de transformation et d’écoute de mes besoins et valeurs.

Je ne travaille plus pour «Souhaits etc.». Dernière journée aujourd’hui.

Lettre de démission au gentil patron. Ce matin.

Triste moment, réellement.

Il le fallait.

Le gentil patron n’a pas compris pourquoi. Il a accepté. Sans préavis. Il a fait ce qu’il fait de mieux. Il a été gentil.

Plus de 300 contrats au total, dont quatre derniers aujourd’hui. Utilité indiscutable.

C’était chouette les gars, merci à vous cinq. Vous avez été des collègues de bureau fantastiques. A.J. et ton humour d’adolescent. Nick et ta belle gueule de pré-adolescent. Brian et tes mimiques d’enfant. Kevin et ta maturité de grand-père. Howie et ta sagesse de papa. Je vous trouverai une place à la maison.

«Show me the meaning of being lonely» ou «Shape of my heart»? À moins que ce soit «I want it that way»?

Quelques dernières pompes, la porte fermée. Un petit au-revoir aux collègues humains. Accolade au gentil patron. Une carte en souvenir, dans mon sac à dos. Vide. Emprunt à long terme. Au cas.

Avant-dernière mission ardue, mais réussie :

Carte à l’amoureuse du gentil patron. Pas de recherche de mots appropriés. Ça ne sert plus à rien. Directement au but.

«Bonjour.

Votre mari vous trompe avec son assistante. Je les ai surpris à quelques reprises. Ça me met mal à l’aise, mais je trouve ça important que vous le sachiez. Il est une bonne personne, mais c’est inexcusable à mon sens. Voici deux photos qui prouvent ce fait. Vous en faites maintenant ce que vous voulez.

Faites attention à vous. Je suis désolé.»

Elle recevra le tout demain. Je serai parti. Délivrance. Ça sent les champignons. Odeur prenante, même.

Dernière mission plus facile :

Carte au patron gentil. Simple et efficace.

«Vous êtes une magnifique personne, aux valeurs que j’apprécie. Mais je ne pouvais pas vivre dans le malaise plus longtemps. Je suis désolé. Je souhaite longue vie à «Souhaits etc.» J’y ai passé des mois enrichissants et merveilleux. Merci pour tout.»

À la maison. Serein. Photo de Britt tout près. Quel sourire.

Téléphone.

Assez duré.

«Marianne.

Peux-tu me rejoindre au parc près de chez moi, après-demain, à 21h00? Au fond du parc, deuxième banc à gauche de la petite cabane. J’aimerais beaucoup te parler.

Tu me manques beaucoup.

P-A.»

Les choses se bousculent. Tête-voltige.

«Tu as bien fait P-A. Ton patron est un idiot et ton entreprise dépassera la sienne dans quelques semaines à peine. Tout ce qui monte doit redescendre. Et arrête de regarder cette satanée photo de ta colombienne. Tu ne l’as jamais vue.»

Pacino. Toujours là quand j’en ai besoin.

À bientôt.

P-A.

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Les petits espaces – Partie 19.

Pierre-Alexandre.

Ouf, enfin un peu de repos.

Paternel à la maison, après 72 heures dans la cité des malchanceux. Maman est vidée. Émotivement. Complètement.

Il devra apprendre à s’écouter. Rapidement, car il ne rajeunira pas dans les prochains jours.

Au moins, il est dans son lit maintenant. Avec maman. D’autres tests suivront dans quelques jours.

Vêtements jolis. Dents brossées. Frais rasé.

Descente des escaliers. Ouverture de la porte. Boîte à lettres.

Oui.

Britt.

Fermeture de porte rapide. Montée des escaliers une à une, par manque d’énergie.

«Mon parapluie (ce sera ton nouveau surnom à partir de maintenant, car j’ai l’impression que même quand les temps sont durs et que les nuages pleurent, avec toi, la pluie n’atteindra jamais les amoureux).

Ça me touche de te voir autant à fleur de peau, si fragile.

J’espère que les choses se sont placées, quelques jours plus tard. Tu sais, il y a des gens qui préfèrent la noirceur, l’ombre et la solitude, question de bien camoufler leurs défauts. Moi, je préfère la clarté, la lumière et les relations humaines, question qu’on voit bien les qualités des gens.

Ici, ça va bien. Je sens que mon état s’améliore, mais les spécialistes pensent que je devrais y être pour plusieurs semaines encore. C’est décevant, car à chaque fois que je crois que ça y est, tout est retardé. Je reste positive, cependant.

Et tu es là, donc je suis entre bonnes mains.

Je t’avoue que j’ai peur de sortir. J’ai peur de reprendre ma vie d’avant. J’ai peur de ne plus pouvoir faire mes activités d’antan. J’ai peur de ne plus être la même personne. J’ai peur qu’on ne s’écrive plus, aussi. J’ai peur.

Les choses sont complexes avec celui que tu appelles mon amoureux. Il vient me voir, de temps à autre, mais je le sens loin. Je le suis aussi.

Très loin.

Mes deux amours d’enfants me maquent énormément. Quand tu passes au fait de voir des personnes tous les jours, pendant plusieurs heures, à seulement quelques minutes par semaine avec celles-ci, le choc est grand.

Le docteur est gentil. Il fait son possible pour que je sorte le plus vite possible. Il est occupé, mais il est gentil avec moi. Je suis chanceuse.

Je crois que ton entreprise devrait s’appeler «Cartes-Alexandre». C’est court et c’est le genre de nom dont les clients vont se souvenir facilement.

Tu veux un résumé de ma vie? Il faudra être patient pour tout connaître de moi, mais voici quelques informations sur ma personne :

  • Je suis née en Colombie donc, il y a 39 ans de cela. Ma mère demeure encore là-bas, mais mon père est mort.
  • Comme tu le sais, mes deux sœurs sont ici, avec moi, et Mélanie est ma confidente depuis plusieurs années.
  • J’adore la course à pied, tout ce qui est joli et les vêtements bien agencés. J’ai une voiture de luxe et une grande maison, mais je ne suis pas une fille compliquée.
  • J’ai deux enfants, un garçon et une fille et je me considère comme une femme forte et accomplie.
  • Je mise beaucoup sur l’aspect professionnel de ma vie pour me valoriser et je parle trois langues.

Si tu veux te confier, ne te retiens pas. Tu peux tout me dire.

En passant, le poulet est mon repas favori. Je n’ai pas de préférence ultime.

À bientôt.

Britt. Xx.

P.S. Comment sais-tu que je suis dans la chambre 213?»

Quel charme.

«Si j’avais pu, je l’aurais tranché en deux, ce Christian, avec mon épée. D’un seul élan. Pauvre Roxane.»

«Alors, P-A, je te donne trois options :

  • On coupe les jambes de ce Gonzales-d’idiot
  • On le kidnappe et on l’envoie au Mexique, sans billet de retour
  • On lui coupe les jambes, le kidnappe et l’envoie au Mexique, sans billet de retour

La balle est dans ton cas P-A. Je te suis. Pauvre Brittany. »

C’est plaisant d’avoir des amis posés et réfléchis, accrochés sur son mur.

Reste qu’il faut sortir Britt de là.

À bientôt.

P-A.

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Les petits espaces – Partie 18.

Salut P-A.

C’est une fin de journée triste.

Je suis exténué.

Toujours à l’hôpital. Sur la chaise, à côté de son lit.

Le paternel va un peu mieux. Chute de pression importante (il devrait s’en sortir indemne; devrait faisant osciller le pourcentage à environ 80%). Encore quelques heures, le temps que ma maman se repose, comme elle peut, à la maison.

Le gentil patron a été gentil. Petit sursis. Oli est passé aussi tantôt. Soutien inconditionnel.

Marianne me manque. Plus qu’à l’habitude. Dans ce genre de moments. Je me demande ce qu’elle fait en ce moment.

Eau dans le visage. Et dans les cheveux. C’est le mieux que je puisse faire ici.

Lunettes de soleil sur les yeux. Nécessaire. Crush.

«Britt!

Comment vas-tu aujourd’hui? Les jambes se portent bien, dans la 213?

J’ai relu ta dernière lettre plusieurs fois avant de te répondre.

Je suis content que ma compilation te plaise. Moments réjouissants dans ces longues journées. Un jour, nous l’écouterons peut-être ensemble.

Je ne voulais pas entrer dans un sujet épineux en te parlant de ton amoureux. Je suis désolé qu’il ne te fasse plus sentir jolie. Tu es pourtant magnifique, en tout point. Même si tu t’arraches les sourcils à la main, un poil à la fois, en moment de stress (je sais, c’est ton seul défaut).

Passe-t-il te voir parfois à l’hôpital? Il doit avoir hâte que tu reviennes à la maison, j’imagine.

Et ton docteur, il est sympathique?

Dis-moi, tu veux bien me raconter un petit peu ta vie? J’ai l’impression de te connaître depuis des années, mais en même de ne pas te connaître du tout. Ça me ferait plaisir d’en savoir un peu plus sur l’existence de Brittany Venegas.

J’accepter, par ailleurs, volontiers, ton aide future au sein de mon entreprise. Tu as une idée pour le nom?

Tu ne voudrais pas avoir une photo de moi, au moment précis où je t’écris ces mots.

Journée-funèbre. Si tu avais à me guider dans mes tenues vestimentaires aujourd’hui, je te donnerais le choix entre un chandail noir à manches longues, une veste noire boutonnée jusqu’au cou ou encore une chemise noire, avec une cravate noire. Je t’expliquerai.

Au moins, tu es là pour pâlir ces heures foncées.

Je ne t’ai jamais sentie aussi proche que maintenant, en t’écrivant. Jamais.

À bientôt.

P-A.

P.S. Quand tu commandes du poulet, que prends-tu habituellement?»

J’aurais besoin d’un rendez-vous chez le coiffeur, pour relaxer. Il n’y a probablement pas de coiffeur dans cet établissement. Mes yeux clignent de moins en moins souvent derrière mes lunettes de soleil. Le paternel endormi.

Je tente de faire de même. Les redressements assis attendront à demain.

Bonne sieste.

P-A.

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Les petits espaces – Partie 17.

Dans la voiture. Triste-journée. Pourtant bien entamée.

Ton sur ton. Bleu. Le choix de Brittany. La grande classe. Vêtements de grandes occasions.

Car oui, c’est une grande occasion.

«Le P-A est en amour. Es-tu certain qu’elle en vaut la peine? Tu ne l’as jamais vue. Qu’est-ce qui arrive si elle te trouve ordinaire. Au moins, elle ne pourra pas se sauver en courant, vu l’état de ses jambes.»

Pacino m’énerve quand il est comme ça.

«Je t’énerve, n’est-ce pas? Je suis ton ami P-A, je suis là pour te dire les vraies choses. Fais attention pour ne pas te tromper de chambre. Et pas de geste précipité, surtout, je ne veux pas te ramasser à la cuillère une fois de plus. »

Il y a de ces jours où j’ai envie d’enlever les affiches sur mon mur.

Petit arrêt à la rôtisserie, avant. Repas non-hospitalisé pour une rare fois.

Elle le mérite bien.

Long trajet de seulement 11 minutes. Très long trajet. Pas de musique pour une rare fois. Scénarios de tête. Anticipation de propos, de gestes. De sentiments.

15,75$ pour le stationnement. Oui.

Entrée. Désinfection de mains. 18 marches. Long corridor.

Odeur de poulet qui me suit. Partout.

213.

Me voici.

Et non.

Moment perdu dans l’espace-temps. Hésitation. Champignons.

Le Gonzales-fou est avec Brittany. Dans la même chambre. Lèvres contre lèvres.

Retour en arrière. Salle de bain rapide pour garder l’anonymat.

Le Gonzales qui parle au médecin. À travers la porte.

«Docteur Duval, le plan tient toujours? Assurez-vous qu’elle reste à l’hôpital le plus longtemps possible. Inventez ce que vous voulez. Il ne faut pas qu’elle rentre à la maison tout de suite. Ça me donne un repos et en plus, je peux voir ma Suzy. On fait comme prévu. Je repasserai la semaine prochaine.»

Échange de billets. Hochement de tête.

Sortie des toilettes après 23 minutes. Incrédule.

Pas la force d’aller voir Britt.

Long corridor. 18 marches. Désinfection de mains. Sortie.

Odeur de poulet froid qui me suit. Partout.

Dans la voiture. Seul. Avec le poulet. Défilement des dernières minutes. Jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de nourriture.

Si près, mais en même temps si loin.

Finition de cette lettre. Puis, retour à la maison. Épuisant moment.

Vibration.

Vibration.

Vibration.

Pas la force de répondre.

Message vocal.

«Salut mon grand, c’est maman. Je voulais simplement t’aviser que ton père était en route vers l’hôpital en ce moment. Il a eu une faiblesse. Il est semi-conscient. Ne panique pas, mais rappelle-moi rapidement stp. Je t’aime.»

Incrédule. Au carré.

«15,75$ bien investi finalement, mon P-A.»

Al est un idiot.

À tout de suite, j’ai l’impression.

P-A.

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Les petits espaces – Partie 16.

Pierre-Alexandre!

Petit midi de fin de semaine. Longue nuit bénéfique pour le système. Oui.

Je viens tout juste de changer la disposition des meubles de ma chambre. Face à la lune, maintenant. Inspiration de fin de soirée. Sans déplacer Pacino, ni Cirano. Plus spacieuse, je crois. Pourquoi pas?

Prise deux.

«Salut Marianne.

Je suis désolé. J’ai envie de te revoir, mais j’ai peur des au-revoir.

Tu repars quand? J’ai besoin de temps. J’ai peu de temps.

Je pense à toi.

P-A.»

Message envoyé. 98,6% de chances de recevoir une réponse aujourd’hui.

Ouf.

Vêtements jolis. Dents brossées. Frais rasé.

Descente des escaliers. Ouverture de la porte. Boîte à lettres.

Oui.

Britt.

Fermeture de porte rapide. Montée des escaliers trois par trois.

«P-Alex.

Wow, je ne crois pas encore que tu aies pris le temps de me faire une compilation, spécialement pour moi. C’est une attention parfaite, qui me rend infiniment heureuse. Quel homme fascinant, tu es. Mes chansons préférées sont la 2, la 6 et la 14, mais j’adore la totalité de la compilation. C’est un des plus beaux cadeaux que j’ai reçu dans ma vie. Merci beaucoup.

Le moral n’est pas à son apogée, disons. Je ne dors pas beaucoup ici et j’ai hâte de manger un vrai repas. Les spécialistes disent que je devrais être en mesure de sortir d’ici un mois. C’est la bonne nouvelle des derniers jours. J’ai hâte de prendre l’air et de me retrouver en pleine nature.

Heureusement, quand j’écoute ta compilation, je ne pense pas à m’arracher les poils de sourcils (c’est une fâcheuse habitude que j’ai quand je suis stressée, mais c’est mon seul défaut). Merci pour ça aussi.

J’ai un amoureux, oui. Nous avons deux enfants ensemble, mais c’est tout. Il change, pour le pire, d’année en année. Il ne s’occupe plus de moi depuis longtemps déjà. Il est contrôlant, foncièrement méchant, macho, colérique et désintéressé. Je ne me sens plus jolie à ses côtés (que c’est étrange de te mentionner tous ces détails). Il s’occupe de nourrir les enfants comme il peut, pendant que je suis ici, mais c’est Mélanie qui s’occupe de tout. Mélanie est ma confidente et ma meilleure amie depuis plusieurs années. Nous sommes pareils elle et moi. Elle est fantastique et une chance qu’elle est là dans ces moments ardus.

Efficacité, surdité. C’est ce que je dis toujours.

J’aurais aimé être danseuse professionnelle. J’adore danser depuis que je suis toute petite. Ce ne sera pas possible, évidemment, mais si j’avais à changer de métier, j’essaierais de faire quelque chose qui est lié à la danse.

Tu seras un très bon entrepreneur, j’en suis convaincu. Je te donnerai un coup de main, si tu veux.

Mes sœurs arrivent sous peu. Les trois Shak enfin réunies.

Je n’ai, en effet, pas de photo de toi. Il faudra y remédier rapidement.

À tout de suite, mon cavalier.

Britt.

P.S. Je déteste les champignons au plus haut point.»

Cette femme est un spécimen rare.

Long regard sur sa photo.

Vibration.

«Je pars dans moins d’un mois. Tu as encore du temps.

Prends le temps nécessaire.

Je t’attends.

M.»

Oli m’attend. L’heure du golf.

P-A.

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